Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
Il y a peu, je discutais avec une personne dont l'emploi est menacé et qui se pose des questions sur son avenir professionnel depuis longtemps. La situation est
lourde à vivre : incertitude, ambiance de travail déplorable, Direction qui magouille à la vue de tous et qui fuit ses responsabilités, confrontation quotidienne aux
problèmes de fonctionnement et aux départs, pression...
Comme c'est la crise, elle ne se sent pas de chercher et de partir pour un autre CDI. Au risque de ne pas voir sa période d'essai confirmée. Et donc de potentiellement se retrouver en
situation précaire rapidement, car dans l'impossibilité de trouver autre chose. Du coup, elle continue à subir une situation qui la mine petit à petit, insidieusement.
En même temps, je comprends tout à fait ses peurs. Je les ai vécues, revécues, re-revécues, en long en large et en travers! Quand je me sentais à l'étroit dans mes jobs, que j'avais envie de
changer, mais qu'en même temps j'aurais voulu en profiter pour changer vraiment et créer mon activité...et que finalement je reprenais un CDI, par sécurité.
Parce que avoir la sécurité de l'emploi, c'est le plus important. J'entends ça depuis toute petite. De qui? De ma famille d'abord, à 90% fonctionnaire (qui a oublié d'ailleurs, que les
générations d'avant, une partie était artisan et commerçant...rigolo!) et 10% travaillant dans de grandes entreprises au sein desquels on faisait carrière sans se poser de
questions.
De notre société ensuite, focalisée et construite sur la sécurité de l'emploi. Elle est partout : dans la vie courante (louer ou acheter un appartement par exemple), dans
l'appréciation de la solidité d'un parcours professionnel (il a changé trop souvent d'entreprise celui là, il est pas fiable!), dans les difficultés inhérentes au parcours et à la vie de
créateur d'entreprise...
Avec le recul, je me rends compte combien cet attachement très français au CDI et au délà de ça, à la sécurité de l'emploi, est
sclérosant.
Pour moi d'abord, parcequ'en m'enracinant dans un ron-ron pseudo rassurant, le CDI
- a endormi mes envies, mes besoins, mes évolutions;
- m'a fait perdre confiance en mes capacités et mes compétences;
- m'a fait devenir frileuse et peureuse, perdre mon esprit d'initiative;
- a rendu difficile la prise de recul et la remise en question;
- m'a finalement privé de ma liberté (paradoxal!) et de ma créativité
Pour l'économie au sens large ensuite. Parce que les besoins sont toujours là, quelques soient les circonstances, même pendant la criiiiiiiiiiiise! Sauf qu'ils évoluent tout le temps et que nous restons sur des vieux schémas organisationnels et de
vieux référentiels pour essayer de les satisfaire.
Et c'est là que ça coince : le sacro-saint outil CDI n'est plus adapté, mais il nous a anesthésié.
D'autant que la sécurité que le CDI offre est toute relative. Je m'en suis rendue compte lors du plan social. Personnellement, j'avais commencé depuis quelques mois à vraiment réfléchir à un
"après", et je commençais à percevoir le départ de mon entreprise comme une vraie chance, non une catastrophe. Mais pour certaines personnes que j'ai accompagné à l'époque, c'était
beaucoup plus difficile : leur monde s'écroulait, les peurs accouraient et ils ne voyaient pas comment rebondir.
Aujourd'hui, je comprends que cette "sécurité" viendra du fait que j'écoute, je suis, et je mets en oeuvre, mes envies en suivant mes valeurs. Sans
hésiter à aller explorer de nouvelles pistes ou changer de voie quand une ne me convient pas ou plus.
Alors je vais peut être cumuler plusieurs casquettes : auto-entrepreneur, portage salarial, intérim, CDD. Statuts
qui évolueront au fil du temps...Peu importe. Ils me donneront la souplesse et la liberté dont j'ai besoin pour vivre de mes envies. Ce qui fais que je vais toujours retombée sur mes pieds.
J'en ai la certitude.
Parce que désormais je suis sur le chemin de devenir acteur de ma sécurité, et non plus dans l'attente qu'un tiers me l'assure.
Ca me met une pêche d'enfer cette vidéo. Bon, c'est du grand show à l'américaine mais qu'importe : de l'énergie en barre, qui ne peut
que donner la banane et l'envie de bouger.
Mais pourquoi je me mets pas à la danse, moi qui en rêve et le dit depuis des années, sans oser sauter le pas...
Bon lundi, bonne semaine
Il y a quelques mois, j'ai écris sur l'action, qui seule permet de vivre et concrétiser les choses. Depuis, je l'ai beaucoup vécue et expérimentée : cela m'a permis de passer une année 2009 hyper
dense et riche, et de poser de belles et importantes choses dans ma vie. Et l'année n'est pas finie!
Mais l'action a une autre conséquence : celle de créer une dynamique. C'est l'action qui fait que le mouvement se crée et que se faisant, il met en route une dynamique
que plus rien n'arrête...du moment que ce mouvement se met en place sur la base d'envies vraies, personnelles, posées et justes.
"La Vie est un mouvement de va et vient comme un vague. Quand on refuse le mouvement par la passivité ou la peur de l'action, on se coupe de la Vie, de sa
Vie". Abécédaire de Marie-Lore
Je l'ai expérimenté cela aussi. Pendant des années la peur d'agir m'a fait me couper et occulter ce qui était important pour moi; dans mes valeurs, mes besoins et mes envies. J'ai accepté
certaines situations, lissé pour ne pas "que ça pète", entretenu des liens "envers et contre tout", contenu et anesthésié une partie de ma personnalité...
Au final, je ronronnais dans une vie pépère qui ne me déplaisait pas mais ne me convenait pas non plus. Avec par ci par là, des petits moments qui correspondaient à mes aspirations profondes, et
qui me donnaient la bouffe d'oxygène nécessaire pour repartir et continuer selon le "modèle" en place.
Ce temps là est fini : même si je le voulais, aujourd'hui je ne peux plus. Cela n'empêche pas les peurs, mais aujourd'hui l'envie de les dépasser est plus forte.
Lors de mon séjour en Nouvelle
Calédonie j'ai rencontré plusieurs personnes qui avaient tout plaqué en métropole pour venir vivre autre chose, dans cette ile du bout du
monde. Beaucoup avaient un point commun : envie de changer de vie, de vivre autre chose, autrement.
Certains avaient réfléchi en amont à ce qui les poussaient à partir. Ils étaient arrivés avec l'envie de faire bouger et avancer les choses personnellement et professionnellement.
Comme ce jeune homme venu s'installer là après avoir réalisé que tout ce sur quoi il bâtissait sa vie, à savoir le mariage et une maison, n'était pas son envie profonde. Que ce
qu'il voulait, c'était voyager, quitter un environnement familial et amical qui lui pesait, et changer un métier dont il se lassait déjà, à moins de 30 ans. Il était
carrossier, c'est ce qui lui avait permis de décrocher, depuis la métropole, un emploi sur l'île. Maintenant qu'il avait pris ses marques, il commençait à voir
clairement des opportunités d'expérimenter de nouvelles activités se dessiner.
D'autres étaient arrivés "la fleur au fusil", en se disant qu'au soleil, entourés de paysages et de lagons magnifiques, la vie serait forcément plus belle et qu'alors, tout irait
mieux. Beaucoup de ces personnes avaient foncé tête baissée suite à ce reportage diffusé par Capital, il y a une dizaine de mois : le miracle calédonien, l'île du plein emploi...Ils débarquaient à
l'Auberge de Jeunesse de Nouméa, avec un simple billet aller et au mieux, des économies pour tenir un mois ou deux.
Or, il leur suffisait de quelques jours pour se rendre compte que
1°) la vie sur l'Ile n'était pas aussi paradisiaque que le reportage voulait le laisser penser;
2°) le plein emploi était virtuel et mis à part certains domaines très particuliers, il n'était pas plus évident de décrocher un job ici, qu'en métropole;
3°) la vie d'îlien est très particulière, d'autant plus sur un archipel à plus de 2 heures d'avion de l'Australie, une autre île elle même à plusieurs heures de vol d'un "vrai" continent.
Au final, ils traînaient à l'Auberge, déçus et perdus, ne sachant plus ni quoi ni comment faire. Ils pensaient changer de vie rapidement et facilement, mais la réalité était autre. Et ils
restaient avec leur envie de changement, sans plus savoir où ni vers qui se tourner.
Alors oui, changer d'air est primordial pour se poser, se reposer, se couper de ses repères, prendre du recul, expérimenter ses envies. Mais cela ne suffit pas.
Car changer de vie reste un travail de fond : si on ne se pose pas les questions de ce qu'on a envie de changer, pourquoi, et comment on peut faire, alors on change en surface, simplement.
On se donne l'illusion de changer et ça tient quelques mois, quelques années. Et puis les questions reviennent...et ça recommence...
Vous connaissez le Bureau d'Ambroise?
L'idée : mettre en relation des entreprises qui disposent d'un poste de travail libre, et des entrepreneurs qui se lancent et qui n'ont pas encore de local. Moyennant une participation, ces
entrepreneurs sont accueillis pendant 3 à 6 mois dans l'entreprise et peuvent se consacrer pleinement au développement de leur activité.
Qui est derrière cette géniale initiative? Michel & Augustin, les Trublions du goût comme ils s'appellent eux même,
rois des petits gâteaux et des vaches à boire (entre autre).
J'adore ce qu'ils font. Définitivement, des entrepreneurs pas comme les autres.