Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
J'ai longtemps eu une obsession : acheter mon appartement. Avoir mon chez moi rapidement et être en sécurité avec un toit sur la tête dont on ne peut pas me déloger. Une envie profonde que je
relie à ma personnalité, mais aussi à mon histoire personnelle...et au besoin de combler un vide.
J'ai eu la chance de pouvoir le faire en 2001 et cela a largement motivé toutes mes premières années de boulot : gagner de l'argent pour payer mon appart au plus vite, tel était le sens que
je donnais à ma vie. "Finis de le payer et tu verras après. Là tu pourras faire tout ce que tu veux, tu seras en sécurité"...Sauf que le "après tu pourras faire tout ce que tu veux", j'en avais
fichtrement aucune idée à part les voyages.
Très vite, je me suis posée des questions : A quoi ça sert? Une fois que t'auras payé celui-ci qu'est-ce qui te motivera à aller bosser? En acheter d'autres? Mouaif. Acheter plus grand?
Pourquoi, ça voudrait dire me réendetter...Argh... Ces réfléxions avaient ouvert une brêche dans mon obstination mais je continuais à avoir trop la trouille pour envisager autre chose. Même
si je commençais à étouffer dans mon 30 mètres carrés, que je gagnais beaucoup mieux ma vie qu'en 2001, je persistais.
Et puis début 2007, alors que je préssentais que mon boulot était menacé, j'ai pris la décision de vendre et de racheter plus grand...en en prenant pour 20 ans d'emprunt. Parce que j'en avais
profondémment envie et besoin, et que je sentais que c'était le moment, compte tenu de mon salaire et de mon ancienneté dans l'entreprise, de contracter un emprunt avantageux. Après, j'allais
galérer et aucune banque ne me prêterait de l'argent.
Avant de sauter le pas, j'ai fait les plus et les moins.
- les plus : Avoir plus grand, pouvoir recevoir du monde à la maison sans me restreindre, ne plus vivre comme une étudiante, m'installer dans un quartier hyper vivant pour lequel j'ai eu le coup
de foudre...et avoir une pièce pour exercer une partie de mon activité professionnelle à mon domicile si je me décidais à créer mon activité (à l'époque j'en parlais déjà...mais c'était du
total virtuel);
- les moins : 20 ans d'emprunt alors que pour l'autre appart il m'en reste 3; des mensualités lourdes; un fort risque de perdre mon boulot. Et alors? Si je n'arrivais pas à le garder, je
ferais quoi? Le revendre pardi. Sur Paris, les risques sont limités si on n'achète pas un nanard.
Jamais je n'ai regretté mon choix : au contraire, je me félicite souvent d'avoir pris cette décision. Changer de maison m'a permis de poser une vraie vie d'adulte. J'ai effectivement perdu
mon boulot fin 2007, et j'ai renégocié mon prêt pour diminuer mes mensualités. Aujourd'hui, mon appartement se louerait plus cher que mes remboursements, donc tout va
bien.
Et à mon retour de voyage, je m'aperçois que j'ai encore franchis une étape. Avoir mon appartement me donne une liberté d'action immense, paradoxalement. Il me rassure car
enfin je n'ai plus peur de devoir m'en séparer, éventuellement un jour. Je le vois maintenant comme un endroit où j'aime vivre mais qui peut me servir à financer mes
projets, par exemple en le louant ponctuellement à des vacanciers qui n'ont pas envie de l'hôtel. Ou en le vendant. Et alors? Rien de grave la dedans, ce sera de toute façon pour
commencer une autre aventure.
Penser ainsi me libère aussi d'un héritage familial où "la pierre" a toujours tenue une place particulière, tout comme l'argent. La peur d'en manquer, la nécessité de thésauriser encore et
encore pour ses vieux jours...je suis en train petit à petit de m'affranchir de toutes ses "valeurs" qui ne sont pas les miennes mais qui ont pesé lourd dans ma vie jusqu'ici. Cela ne veut pas
dire que je sois prête à tout plaquer : juste que j'y accorde beaucoup moins d'importance et surtout que cumuler le matériel, n'est plus une fin en soi pour
moi. Ce n'est plus le sens que je veux donner à ma vie. Le matériel est devenu un moyen qui me permet de réaliser mes envies et de vivre mes passions.
Et j'ai enfin la confiance nécessaire en moi et en les autres, pour avoir la certitude que mes projets, quels qu'ils soient, réussiront.
Je vous quitte sur une histoire drôle que j'aime beaucoup. A méditer (-;