Je vous ai laissés en partance pour une première découverte du Centre Rouge comme ils disent ici : les alentours (plusieurs centaines de kms!) d'Alice Springs, le centre de l'Australie.
Ici, la terre et les pierres sont d'un rouge/orangé magnifique qui fluctue selon les heures de la journée et le soleil. Le désert n'est pas si désertique que ça : des arbres et des buissons y
poussent, les animaux sont partout...et l'eau est présente certains mois de l'année.
Des paysages grandioses et démesurés, variés, contrairement à ce que je croyais,sculptés par des milliers d'années d'érosion et qui n'ont pas été trop abimés par l'homme. Pas abimés parce que
les Australiens en prennent le plus grand soin et que la découverte de ces endroits est relativement récentes (100 à 150 ans selon les cas). Pas abimés surtout parce qu'ils sont, depuis des
milliers d'années, de haut lieu de la culture Aborigène pour lesquels ils revetent une importance capitale.
Moi qui ne suis pas une fan de la marche à pied, j'ai adoré découvrir ces endroits magnifiques, emplis de plantes et d'animaux inconnus ou que je n'avais jamais vus de mes yeux vus commes
les petits Wallabis (des mini-kangourous sauvages) ou des fougères préhistoriques!
Le lendemain, découverte du
Parc National d'Uluru-Kata Tjuta, le nom aborigène du lieu qui a remplace celui d'Ayers Rock depuis que le
Parc a été rendu aux Aborigènes de la tribu des Anangus, en 1985, moyennant un bail de 99 ans. Ce Parc comprend deux des endroits les plus importants pour eux , même si l'arrivée des
Piranpa (les blancs), a changé les choses de manière irréversible dans leurs vies :
- Kata Tjuta d'abord, un ensemble imposant de 36 monts, quasiment interdit au public, car les Aborigènes cont

inuent d'y pratiquer des activités et d'y transmettre des informations rituelles dont la
connaissance est réservée exclusivement aux initiés.
- Uluru ensuite, un monolithe immense (10 kms de circonference). Au pied, un en

semble de sites sacrés mixtes, ou spécifiquement consacrés aux hommes ou aux femmes.
Ces deux "curiosités" géologiques sont posées au milieu de nulle part : autours, l'érosion a fait son travail et a nivelé le terrain. Les deux montagnes continuent sous terre d'après les
géologues, sur 4 ou 5 kms.
En tout cas les deux endroits, majestueux et démesurés, qui invitent au silence et à l'écoute des éléments. Je ne sais pas trop comment vous décrire ce qu'on ressent là bas, mais ce sont
vraiment des endroits magiques où "quelque chose se passe".
La base de la culture Anangus est Tjukurpa, qui fournit les règles de comportement et de façon de vivre ensemble, entre êtres humains mais aussi avec la Terre et tous les éléments qui
la composent. Tjukurpa représente les liens entre les personnes, les animaux, les plantes, et les caractéristiques physiques de la Terre, et explique comment ils sont nés, ce qu'ils veulent
dire et comment les maintenir. Il se réfère au passé, au présent et au futur en même temps.
Je n'ai malheureusement par pu trouver de livres me permettant de plus me documenter, mais je me suis illico replonge dans un livre extra que j'avais, comme par zazard, mis dans mon sac
: "Message des hommes vrais au monde mutant" de Marlo Morgan (paru en poche). Je reviendrai peut etre vous en parler plus tard...
Quand on visite ces sites, plusieurs choses sont expressement demandées par les Aborigènes et signalées par écrit : ne photographiez pas les sites indiqués comme sacrés, touchez le moins
possible à l'environnement, ne prenez aucune pierre ou autre élément présent sur ces terres, et ne nous prenez pas en photos Les Aborigènes pensent que tout à une place bien défini et que de
bouger les choses, déstabilise et casse l'harmonie entre les hommes, la nature, les animaux...
Les gens sont dans l'ensemble très respectueux de ces consignes. Un peu moins de la dernière, très particulière, qui concerne Uluru : montez sur le monolithe n'est pas interdit, mais les
Aborigènes demandent expressement que personne ne monte. Parce que c'est dangeureux (plus de 40 morts - la pente est très raide et lisse, et le vent important) mais aussi parce que grimper
sur Uluru à pour eux une signification spirituelle très importante.
Je n'ai pas demandé pourquoi Uluru n'était pas interdit à la montée : peut être pour voir si les visiteurs vont vraiment, comme le demande les Aborigènes, essayer de comprendre leur culture
et au delà de ça, de la respecter et de respecter Tjukurpa. Et bien visiblement, il y en a un certain nombre à qui ça passe au dessus de la tête...

"We think you will be inspired by the natural beauty and power of our land. We hope you
enjoy it and return safely to your homes and families to share the knowledge you have gained" (Uluru Visitor Guide)
Photos Thalie - juin 2009