Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
Après
22 heures de train, j'arrive à Adélaide lundi midi dernier, le 8 (oui je sais, je suis en retard!). Toujours à bord du Ghan. Cette fois-ci, une bonne partie du chemin se fait en musique du genre
Elvis Presley, Far West, puis tubes des années 80. Avec de temps en temps, les commentaires sur les endroits "historical" or "interesting". En tout cas ça donne une dimension différente au
voyage, les paysage qui défilent et la musique!
Au matin, arrivée dans le sud, le paysage a changé : vert avec de moutons! Puis la mer! Le choc après
presqu’une semaine de bush.
Ca
caille sévère, il pleut, c'est jour férié donc tout est fermé, et j'ai une nouvelle fois réservé un backpacker (déguisé sous le nom de "hostel" - j'aprendrai plus tard la différence entre
"hostel" et "hotel") mais cette fois ci avec des chambres...sans fenètre! (ceci étant je recommande l'endroit, pas cher, central et sympa - Hotel 109).
L'arrivée est un peu rude, j'avoue avoir le moral dans les chaussettes. Mais bon, après il m'appartient de rester dans cet état là, ou de vouloir en changer. It is up to me!
Je me suis posée 4 nuits à Adélaide, pour découvrir à mon rythme tranquillement…en transports en commun. La grande aventure! Je m’en tire pas trop mal : heureusement qu'à Paris, le bus est mon moyen de transport favori. Parce qu’arrivée à la station centrale des bus, c’est un peu la panique : il doit y avoir plus de 50 bus et horaires différents, qui quadrillent toute la ville et la grande "banlieue" d’Adélaide. Je sens que je reviens dans "la grande ville".
Mardi, direction shopping pour quelques vêtements d'hiver, dans le centre qu'on m'a indiqué. Ca tombe bien, c'est sur la route de la mer. Un grand moment de déception : quasiment tout
est "made in China", 100% acrylique, genre Pimkie. Et sinon, les prix grimpent et c'est pas forcément plus jolis. J'apprendrais un peu plus tard que l'Australie vend toute sa production de laine
de mouton...à la Chine, car le pays ne dispose d'aucune manufacture. Les quelques produits "made in Australia" coûtent donc beaucoup plus chers car fabriqués de manière assez artisanale et dans
des volumes restreints.
J’achète vraiment parce que j’ai froid et qu’il me faut quelques trucs!
Passée ce grand moment de shopping, en route pour Glenelg, LA plage d’Adélaide, avec une idée fixe en tête : manger un Fish & Chips, autrement dit un poisson en beignet horriblement gras avec des frites. Comme quand j’allais en Grande-Bretagne : j’adorais ça, et les Baked Beans (haricots blancs à la sauce tomate sucré…une cata culinaire). Et Gleneg dans tout ça? Une jolie petite ville avec une jetée immense où il faisait un froid de canard et un vent à décorner les bœufs. Mais voir la mer m’a fait plaisir, elle me manquait! Et avec mon Fish & Chip : le bonheur!
Le lendemain, découverte d’Adélaide Downtown. Le marché central, avec tous les petits commerces de bouche et
des terrasses sympas (rarissime!). A côté, le marché chinois où on trouve tout et n'importe quoi à des prix imbattables. A part ça, le centre est une succession de malls (centre commercial) et de
quelques rues piétonnes dédiées au shopping, de bureaux (je loge dans le quartier des avocats…j’y crois pas
!), d’écoles (bonjour certains uniformes : si on m'imposait de m’habiller comme ça, je ferai un procès à
l’école !) et d’hôtels. Ensuite, direction North Adelaide. Je m’arrête à la station de bus
et demande si je peux y aller à pied. "Non c’est trop loin, prenez le bus X". Comme je n’apprécie pas vraiment bien les distances, j’achète le billet. Sauf qu’en route, je papote avec quelqu’un
qui me dit que c’est à 15 minutes à pied…à travers parcs…Je tente l’aventure…et je finis par faire une belle balade à travers campus universitaire et Parc Botanique. Et là je découvre le charme
de la ville. Sur les boulevards extérieures, elle a conservé beaucoup de ses anciens immeubles
et maisons : j’ai l’impression parfois d’être dans une ville du Far West. Et de grands parcs sont disséminés un peu partout, dont le Parc Botanique où on trouve des oiseaux incroyables en
liberté.
Dernier jour, je tente le train de banlieue direction Port Adélaide, l’endroit où les premiers colons ont débarqué pour fonder l'Etat de Victoria, dont Adélaide est la capitale. Un
endroit…qui a du être vivant et joli mais qui aujourd’hui est d’une tristesse sans nom. Quelqu'un m'expliquera que cette ville était hyper dynamiq
ue il y a 10 ans car situé sur un axe routier important. Depuis la construction d'autres
routes, les camions se sont détournés de la ville et depuis, elle meurt lentement. Beaucoup de commerces fermés, des bâtiments d’époque laissés à l’abandon. C’est dommage : eux qui, comme aux USA, s'attachent à mettre en avant le moindre évènement historique, le moindre endroit
important de leur courte histoire, ne prennent pas la peine d’entretenir cette ville.
En même temps je prends pleinement conscience que ce pays est vraiment très jeune; qu'il y a environ 180 ans
( 1836 - hier quoi!), les premiers colons ont débarqué au milieu de nulle part après des mois de navigation, dans des zones marécageuses, sans aucun repère, avec pour seule instruction
d'implanter une ville dans le sud. Ca fait drôle de découvrir la construction d'un pays avec des repères aussi proches. Mes arrières arrières grand-parents par exemple, auraient pu faire partie
de ces premiers colons : c'est pas si loin!
Ce séjour à Adélaide m’a aussi permis de faire une pause dans mon voyage, un petit bilan, et de regarder en face certains aspects que j'avais bien planqué mais qui ne resistent pas à ce genre
de situations où on se retrouve tout seul, sans ses amis, sa famille, ses repères habituels...et sans certaines béquilles. Mais ça, c'est une autre histoire que je vous raconterai
bientôt.