Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Ghandi
Vous vous rappelez d'Edwina, rencontrée lors d'une balade dans un coin paumé de l'Australie? Celle qui me
disait : trouve les activités qui te donnent le sourire le matin. Nous n'avons pas beaucoup échangé
mais ce fut dense!
Sa deuxième "petite phrase" fut pour me dire, en substance : "Tout petit, on sent, on sait ce dont on a envie, ce qu'on veut faire plus tard. Parce qu'on
se branche sur nos envies, notre ressenti, notre intuition simplement. Mais quand on grandit, "on" nous sape petit à petit tout ceci et on arrive à les releguer très loin, voir à les
oublier".
Elle, depuis toute petite, elle sait intuitivement que la mer est son domaine. Elle se sent comme un poisson dans l’eau dès qu’elle met un pied au bord de l’Océan. Jeune fille, elle est allée
voir un conseiller d’orientation pour lui dire qu’elle voulait devenir Biologiste Marin. Lequel lui a répondu que ce n’était pas pour les filles et qu’elle devait plutôt s’orienter vers
le métier d’infirmière…Ce qu’elle a fait. Mais cette passion pour la mer ne l’a jamais quittée.
Il m’est arrivé la même chose. Le tourisme et l'histoire, voilà deux choses qui me
passionnaient plus jeune. Tour à tour j'ai voulu en faire des métiers. J'hésitais entre hôtesse de l'air et archéologue. Pour le premier, le conseiller d'orientation de mon collège m'a
vite dissuadée : trop petite. A l'époque, je n'ai pas vu ni cherché de solution alternative mais j'ai quand même poursuivi mes études avec un Bac Lettres/Langues. Comme quoi...
Pour le second, le conseiller de mon lycée m'a répondu, de but en blanc : "M’enfin mademoiselle, soyez réaliste un peu. Seulement 2 ou 3 personnes par an deviennent archéologues, et que
des hommes"...
J’avais 15 ans, j'étais timide et sans grande confiance en moi, j'avais peur de ne pas trouver de travail plus tard...bref, du coup j’ai choisi une option "raisonnable", celle qui me semblait
offrir des débouchés certains : la Fac de droit.
Pendant les deux premières années je me suis demandée ce que je faisais là...Et puis, comme la majorité, je me suis habituée. J'ai empilé les années sans grande conviction pour obtenir un
bagage comme on dit, et aussi insconsciemment, reculer le moment de la confrontation au monde du travail. Heureusement, je m'éclatais dans ma vie estudiantine en m'impliquant à fond dans
l'associatif : une période riche en rencontres, en expériences, en investissements dans l'organisation et la gestion...une période géniale en parallèle de mes études qui allait au moins autant
m'apporter pour la suite que mes piles de cours. Une activité, je m'en rends compte en l'écrivant, qui correspondait à mes envies d'enfant, en fait...
C’était il y a un peu plus de 20 ans, mais je ne suis pas sure qu’aujourd’hui le discours ait changé, malheureusement. Nous sommes bien peu encouragés à suivre nos envies et nos passions :
au mieux on nous laisse un minima choisir notre voix en nous matraquant bien sur les manques de débouchés et les difficultés de certaines filières; au pire nos parents et notre entourage
nous orientent très fortement vers ce qui leur parait être "une bonne situation", voir nous imposent de suivre leurs traces.
Tout cela fait que nous sommes bien peu, à l'âge où nous nous engageons dans la vie professionnelle, à avoir vraiment suivi nos passions et nos envies qui nous faisaient vibrer plus jeunes. Elles
sont passés, au mieux, au rang de hobbies; au pire, aux oubliettes.
Aujourd'hui pourtant, un phénomène étrange se produit : alors que j'ai pris le temps de faire le tri, de me reconnecter à mon ressenti, et d'intégrer qu'il est possible de changer,
toutes mes envies et passions d'enfant prennent leur place dans ma vie d'adulte.
Regardez plutôt :
- aujourd'hui, les voyages commencent à entrer dans mes activités, tout naturellement. D'ailleurs, je repars ici dans quelques heures, pour deux semaines de travail mais aussi de repos. Et je comprends
maintenant que ce qui m'attirait vraiment dans l'archéologie, ce sont les voyages et la découverte de cultures différentes;
- j'ai toujours dévoré des bouquins et aimé écrire. Pendant des années j'ai mis tout cela en stand-by
: pas le temps de lire, écrire pour dire quoi à qui? Aujourd'hui je m'éclate à tenir un blog, demain peut être autre chose. Je n'en sais rien mais les deux ont repris une place importante dans ma
vie, celles qu'ils avaient quitté à mon adolescence;
- j'adore créer, customiser, détourner les choses. Jamais ce ne fut une contrainte d'aligner les rangs de tricot, les napperons au crochet, les broderies. Aujourd'hui cette activité aussi reprend de la place et un jour elle viendra peut être alimenter des "ateliers
broderie" dans l'arrière-boutique de ma librairie-salon de thé-atelier;
- et bien sur, je n'oublie pas mes futures activités d'accompagnement, qui s'harmonisent parfaitement et se nourissent des autres actvités pour m'amener à poser un "accompagnement humain
autrement"
Je sais maintenant avec certitude, que "mes rêves d'enfant et de grand" peuvent devenir réalité si je le souhaite. Il faut juste que je me laisse le temps de murir les projets et d'attendre le
bon moment, celui où je me sens prête et en accord.
Alors essayez de vous rebrancher sur ce que vous aimiez faire enfant, sur les métiers qui à l'époque, vous attiraient. Essayez de répondre, avec vos yeux d'enfant, à la fameuse question "tu veux faire quoi quand tu seras grand(e)"? Sans tenir compte des
contingences matérielles, familiales, de formation...bref, sans tenir compte de toutes les barrières que nous nous posons adulte (ou qu'on nous pose).
Je pense que là se tient une grande partie de la clé pour (re)trouver ce qui nous plait vraiment dans la vie, ce que l'on aime profondément faire. Et, pour finir avec une autre phrase d'Edwina : "Il n’est jamais trop tard"....