Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
Jeudi dernier, j'ai passé une journée génialement rock'n'roll. D'une richesse en actions et en compréhensions qui m' a fait comprendre un truc fondamental dans mon mode de
fonctionnement.
C'était le point d'orgue d'un début de semaine "chargé" au cours duquel j'avais eu deux RDV avec des amies qui ont besoin de mes services pour leurs activités, et un RDV avec un ami qui
m'aide à définir le cahier des charges de mon futur site Web professionnel. Une semaine où je rentrais vraiment concrètement dans le vif du sujet, pour la première fois depuis mon retour!
A la fin de la journée, c'était un beau bazar dans ma tête, mélange de peurs et de ruminations. Peur de ne pas être à la hauteur, de me planter, de mal conseiller mes clients,
d'assumer mes choix et mes envies. Avec une bonne dose de "j'aurai du dire ça, faire ça", "j'aurai pas du dire ça, faire ça"...Plus d'autres éléments que je ne savais pas expliquer.
Heureusement, une importante discussion m'a fait prendre conscience de ce qui sous-tendait pour partie, tout ce binz mental. Un truc qui s'appelle la
culpabilité. Je savais que j'avais une forte tendance à culpabiliser, mais je n'imaginais pas l'étendue des ramifications de cette chose!
Alors, la culpabilité j'en ai compris quoi? 4 points, qui tous se recoupent :
- avoir une forte tendance à "faire à la place de". Ma spécialité! Ce faisant, j'ai compris que j'endossais toute la responsabilité d'une
action et que je déresponsabilisais la personne en face. Qui souvent ne me le demande pas, voir ne le souhaite pas vraiment. C'est moi-même qui prend l'initiative. Et du coup, je me colle une
pression importante, amplifiée par le fait qu'inconsciemment, je sais que j'interviens au-delà de ce que je devrais et au-delà de ce qui m'est demandé. Du coup, ça me pèse.
Pendant des années, je ne me suis pas posée de question : j'avais obligation de le faire, point. Je m'étais engagée (malgré moi ou à cause de moi) et je devais aller jusqu'au bout. Sans jamais me
demander si ma démarche était juste. Et là, j'étais dedans : me coller la pression pour faire à la place de, au lieu simplement de jouer mon rôle de conseil, de débroussailler et d'expliciter
le(s) dossier(s) aux personnes, puis les guider dans la marche à suivre...être à leurs côtés mais ne pas agir pour elles.
- Toujours considérer qu'une situation est bien ou mal. Et donc toujours me demander
si j'ai bien ou mal agit. Et culpabiliser d'avoir éventuellement "mal fait", ou pas fait, ou pas assez fait...et ruminer. Je n'accepte pas qu'une situation ne soit ni bien ni mal, qu'elle
soit juste "la situation présente" : il faut toujours que je la fasse rentrer dans une des deux cases.
Pourquoi? Parce que je pose des croyances sur tout : je crois qu'elle a
besoin, je crois que je vais déranger, je crois que ce n'était pas assez...Du coup, je n'écoute pas, je ne questionne pas, je ne dis pas, je ne regarde pas. Je reste enfermée dans mes croyances
souvent liées à l'éducation...et je culpabilise si je n'agis pas en fonction (j'aurais du, j'aurais pas du...). Alors je me crée des barrières et des questionnements là où il n'y
en a pas : les choses sont beaucoup plus simples que je ne le crois...
- Faire passer les envies et besoins des autres avant les miens. Ca je fais un peu moins...mais c'est pas encore gagné! Il m'est souvent arrivée de
m'engager à faire pour les autres, et de m'oublier, de ne pas avoir de temps pour moi et mes projets. Comme j'ai donné l'habitude d'être dispo, quand j'ai commencé à dire non ou à ne plus
proposer spontanément mon aide pour tout, j'ai...culpabilisé! Bien sur! En me demandant tout le temps si mon refus était juste, si les personnes n'allaient pas m'en vouloir, si, si, si....
Et là, que je suis en train de de poser quelque chose de fondamental POUR moi, quelque chose qui me tient vraiment à coeur, qui correspond à mes envies, qui est mon avenir...je culpabilise!
- Attendre des autres qu'ils devinent mes envies et/ou mes sentiments. Je n'ai tellement pas eu pour habitude d'exprimer tout ça, que j'ai du mal à dire
les choses. Même les plus simples comme "j'ai envie de ça". J'attends des autres qu'ils devinent ou fassent le pas pour moi. Et même quand on me tend des perches énormes, soit je ne les vois pas,
soit je les vois mais je ne les saisis pas.
Et tout ça entraine efficacement mon petit vélo mental intérieur, qui n'en a pas vraiment besoin pour déjà tourner plus qu'il ne faut! Et justement, jeudi dernier il était en sur-régime le
vélo...et tant mieux! Parce que du coup j'ai été obligée d'aller y voir de plus prêt, et de comprendre des élements fondamentaux. Et je suis retournée lire cet article avec des yeux tout neuf.
Pendant les jours qui ont suivi, j'ai juste eu l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur : je n'avais plus de jus. Alors au lieu de forcer, comme d'habitude, de "m'obliger à",
j'ai appliqué ce qu'une accompagnatrice formidable ne cesse de me répéter depuis des mois :
accepter de me poser pour digérer et faire "du rien", le passage obligé pour ensuite comprendre et intégrer. Et ce...sans culpabilité...
Le vélo se pose - Image
Marie-Monique Pean