Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde
Gandhi
J'ai récemment découvert "Les gouttes de Dieu" (merci Anne!) et par la même occasion, l'univers des mangas. Jusqu'à présent, je n'étais pas du tout attirée par ces drôles de bouquins qui se lisent de gauche à droite, en commençant par la fin!
Mais "Les gouttes de Dieu" m'a intriguée. L'histoire est la suivante.
Au décès de Yutaka KANZAKI, célèbre oenologue japonais, son fils Shizuku découvre que pour hériter, il doit résoudre 12 énigmes qui le conduiront à un vin inconnu appelé "les gouttes de Dieu". Souci numéro 1, il est en compétition avec un autre jeune homme surnommé "le prince du vin", adopté par son père juste avant sa disparition. Souci numéro 2, en réaction à l'éducation particulière qu'il a reçu de son père, il a rejeté tout ce qui a trait au vin et n'en a jamais bu une goutte...
Et c'est parti pour 21 tomes (un peu beaucoup, je vous l'accorde...et je ne sais pas où ça va s'arrêter, le 22ème est prévu pour février). Bon, perso je n'ai lu que les deux premiers pour le moment mais j'ai bien aimé l'approche : faire découvrir le vin et son univers de manière ludique et accessible. Chaque volume est bien documenté et explique de manière simple et concise, les différents termes de l'oenologie, les terroirs, les types de vins. J'ai appris beaucoup, en m'amusant et surtout, en comprenant ce qui était écrit sans me prendre la tête. Un vrai bonheur.
Mais il ne faut pas s'y tromper : parler "simplement" de quelque chose est en fait le fruit d'un long travail d'apprentissage, d'expérience, de décorticage pour mieux comprendre et faire les liens; puis de synthèse de toutes ces composantes "à sa sauce", en y prenant du recul et de la distanciation par rapport à l'existant dominant.
C'est aussi le reflet d'une vraie envie de partager une passion et ses compréhensions avec le plus grand nombre, et plus simplement avec une poignée d'initiés.
Ces livres vont aller rejoindre les rayons d'un passionné de vin qui vient de concrétiser son rêve : ouvrir une cave ("le Plaisir Dit Vin" au Pouliguen, pour ceux qui passeraient par là - tiens, les "gouttes de Dieu" chez "le Plaisir Dit Vin, c'est plutôt drôle ce clin d'oeil...). Je sais qu'il a aussi cette envie de faire "autrement", au travers de sa manière d'aborder l'oenologie, de sa sélection des produits, des dégustations qu'il organisera bientôt. J'espère pouvoir vous le faire découvrir tout bientôt (ça fait partie des projets en cours, mais pour le moment y'a un peu bousculade dans ma tête et dans l'emploi du temps - tout se posera dans pas longtemps).
En attendant, je vous laisse avec une partie de la préface du tome 1 - un bon résumé de l'approche de ce "mangavino".
"Tokyo, janvier 2018.
La fête sera grandiose. A la mesure de l'évènement : la commémoration de la parution, il y a un siècle, de ce que nous appellerons les "mangavino", un nouveau concept comme on disait à l'époque. Qu'entend-on par là?
Le mariage de la fiction et de la réalité! Pour la fiction, la trame du récit; pour la réalité, le vin, la vigne, les chais et les vignerons. Au cours de ses pérégrinations, le héros se laisse séduire par le vin, il découvre les cépages, les terroirs et l'art de la vinification...Le lecteur, lui aussi, explore les grands vignobles du monde, lui aussi s'éprend des meilleurs vins et s'initie à la dégustation.
Certes, au XXème siècle, de nombreux livres d'initiation aux vins expliquaient l'oenologie avec beaucoup de sérieux. L'apprentissage passait avant le plaisir; or qu'est-ce que le vin sans plaisir? Dans le même esprit, Claude Debussy ne disait-il pas : "la musique, ça ne s'apprend pas : le plaisir est la règle..."
Quoi? Il fallait lire 1000 pages pour savoir que le Pinot noir préférait les terres calcaires et les climats frais? Ou que le fameux arôme de poivrons vert du Cabernet Sauvignon n'était dû qu'à une maturité insuffisante?
Et puis il fallait aussi se plier à la "gouroumania", mouler son propre goût sur celui d'un autre. Tout cela devenait laborieux. Le vin joyeux, le vin de la communion, le vin des amateurs, au sens littéral "celui qui aime", disparaissait, comme si le jus de la treille était réservé à celui qui a appris, à celui qui sait 'ou croit savoir).
C'est alors que les "mangavino" sont apparus, que l'oenophile en herbe a pu entrer dans le monde du vin
par une porte dérobée et tout savoir de cet univers fascinant, comme par indiscrétion, sans pédanterie sans lourdeur, sans fausses notes...." Michel
DOVAZ